Présentation du dossier

Dans le cadre de ce numéro, sur le thème des PERSPECTIVES AFRICAINES, vous trouverez trois articles.

1.
Rédigé en territoire marocain, le premier traite des femmes en situation de travail. C’est une question qui traverse aujourd’hui toutes les régions du monde, car il n’existe pas de société où les femmes aient exactement les mêmes droits et les mêmes opportunités d’agir ou d’être rétribuées que les hommes. Partout subsistent des inégalités, malgré les efforts consentis en matière de droits civiques et politiques, d’éducation et d’accès aux postes à responsabilité.
Chacun le sait, les femmes ont le même potentiel de compétences et de réalisation professionnelle que les hommes, avec des spécificités de genre qui enrichissent le travail collectif. En Afrique subsaharienne, on reconnaît même leur talent d’entrepreneuses, ainsi que leur engagement à trouver des solutions efficaces pour améliorer leurs ressources familiales et créer de l’activité économique.
Mais qu’en est-il dans les entreprises ? Comment les situations évoluent-elles d’un pays à l’autre ? En discutant de « L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans le secteur privé industriel », A. MAGHNI et K. AFILAL donnent un aperçu bien documenté de la situation marocaine.

2.
L’un des problèmes de l’Afrique, c’est le transfert inégal des ressources. Certains pays du continent sont davantage exploités qu’enrichis par les fonctionnements économiques ou financiers, malgré les aides internationales. Quant aux ressources humaines, elles sont tentées par l’émigration. Les meilleurs professionnels (en diplômes et compétences) sont attirés par les offres de travail américaines, européennes ou même asiatiques.
Il est donc intéressant d’observer les tendances à mettre en priorité le développement local (en incitant les autochtones à créer des entreprises et à produire sur place, ou en donnant la priorité aux ressortissants locaux pour les emplois disponibles).
C’est ce qu’analyse L. BARE dans un second article, sur « République Démocratique du Congo : La politique de recrutement du contenu local et son impact sur la situation socio-économique ». De nationalité belgo-congolaise, elle s’appuie sur l’exemple de la République démocratique du Congo.

3.
De son côté, G. OGANDAGA traite de « La Réciprocité dans des Coopérations Internationales entre l’Afrique et la France : le Cas des Relations entre Collectivités Territoriales ».
Elle étudie tout particulièrement les relations d’échange entre collectivités territoriales, à partir de situations où les apports (technologiques, budgétaires, en compétences) semblent venir avant tout des établissements français. Mais la relation est plus équilibrée qu’il n’en a l’air. Chacun profite de la coopération, chacun y trouve de la réciprocité (une sorte de don-contre don). C’est d’ailleurs ce partage (affectif, symbolique mais aussi concret) qui assure la pérennité du lien.
L’intérêt du travail de G. OGANDAGA, au-delà de son information rigoureuse, vient de ce qu’elle connaît elle-même les deux côtés de l’échange, étant de nationalité gabonaise et vivant en France.

4.
Pour compléter le dossier, deux autres articles sont proposés. S’ils n’ont pas pour terrain la réalité africaine, l’un et l’autre présentent un intérêt direct pour les économies d’Afrique et leur développement.
Le texte de F. CAUDRON et J. IBERT traite de « La Formation à l’Entrepreneuriat à l’Épreuve du Réel : Bilan de 5 Années de Licence Professionnelle des Métiers de l’Entrepreneuriat ». Il fait le bilan de cinq années d’une licence universitaire qui s’était donné pour objectif d’aider à créer des entreprises à travers un cursus diplômant.
L’expérience qu’ils décrivent et les questions qu’ils posent aideront ceux qui, en Afrique, cherchent à consolider les compétences des futurs entrepreneurs, à partir de formations intégrées dans des Ecoles ou des Universités.
Enfin, dans le dernier article, P. LOUART examine « L’impact des Croyances Auto-Réalisatrices sur les Pratiques de Management ».
S’il en était nécessaire, son essai montre que la création et la gestion des entreprises obéissent à des représentations du monde, plus ou moins fiables ou réalistes. Même fausses, elles ont des effets directs puisque c’est à partir d’elles que les dirigeants construisent leur stratégie.
Il est donc utile de bien réfléchir à sa vision. Elle doit combiner réalisme et imagination. Il faut assez de réalisme pour ne pas tomber sur des écueils irréductibles. Et assez d’imagination pour modifier le réel selon les perspectives qu’on lui a données, en incarnant ce qu’avait de prophétique le projet initial.